Le musée des arts anciens s'intéresse à une personnalité peu connue de la royauté belge : Louise d'Orléans, princesse française à l'origine. Raison pour laquelle cette exposition est présentée en collaboration avec le musée Condé du château de Chantilly.
Mais qui était précisément Louise d'Orléans, devenue Louise-Marie en montant sur le trône belge ? C'est la question à laquelle permet de répondre cette nouvelle exposition du TréMa, ou musée des arts anciens. Mathieu Deldicque, directeur du musée Condé au château de Chantilly, nous explique :
En fait, on est face à une personnalité qui a un peu sombré dans l'oubli. Cette première reine des Belges, qui est originellement une princesse française, est la fille du roi Louis-Philippe, le dernier de nos rois, qui a été une princesse éduquée aux arts, aux langues et qui s'est mariée en 1832 au premier roi des Belges, Léopold. Et en préparant l'exposition, en travaillant dans toutes les archives du Palais royal, on a découvert une personnalité attachante, mais surtout aussi une reine qui était une reine mécène des arts, qui collectionnait les artistes romantiques français et belges.
Nous avons exhumé en quelque sorte une grande partie de ses collections. Et puis surtout aussi, on a découvert une princesse et une reine politique qui était à la croisée de toutes les dynasties européennes, en France, en Belgique, en Angleterre et qui avait un rôle important dans l'installation de la dynastie ici en Belgique.
Et la construction de cette nouvelle dynastie ne se fera pas sans mal, comme le souligne Julien De Vos, directeur du patrimoine culturel de la province de Namur :
Ça se passe mal au départ. D'abord parce que Léopold a encore en tête le fantôme de sa première épouse, Charlotte. Et puis la seconde chose, c'est que le premier enfant, malheureusement, meurt à près de dix mois, ce qui marquera vraiment la reine et marquera aussi le roi parce que le roi y voit une forme de malédiction. Ce qui explique pourquoi il prendra une certaine distance par rapport aux enfants. Et c'est la reine, du coup, qui va créer la vie de famille.
Pour compenser une certaine solitude et la nostalgie de sa patrie, Louise entretient une folle correspondance qui nous permet aujourd'hui de décrypter sa personnalité. Elle se construit aussi une vie de cour autour des arts. Mathieu Deldicque :
Toute sa vie, elle a voulu garder des liens avec la France. Des liens artistiques, des liens familiaux. Ça passe par les lettres, ça passe aussi par les objets. Dans l'exposition, vous allez découvrir des choses extraordinaires : des objets romantiques, des bracelets, des bijoux, mais aussi des dessins, des tableaux, des portraits qui montrent une relation très familiale, finalement très moderne, qu'elle a pu instaurer avec sa famille tout au long de sa vie.
Soulignons par ailleurs que la première souveraine des Belges a laissé aussi des souvenirs particuliers en province de Namur.
Julien De Vos :
Dans le patrimoine de la province, en dehors du fait que le seul parc qui lui est dédié se trouve à Namur, c'est le parc Louise-Marie, créé en 1880 à l'occasion des 50 ans de la Belgique. On construira aussi dans ces années-là, en 1878, cette magnifique statue que vous avez à côté de moi, qui est la tête de l'original.
Actuellement, quand vous allez à Philippeville, là où elle était dressée, eh bien, il y a une copie sur une autre place qui est présente à taille réelle.
Cette exposition est accessible jusqu'au 15 juin. Plusieurs conférences et visites guidées sont prévues. Toutes les infos pratiques sont disponibles sur le site : www.museedesartsanciens.be
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