Oignies-en-Thiérache, dans la commune de Viroinval, s’associe à Haybes et Fumay pour valoriser son passé ardoisier. Ensemble, les trois communes créent un circuit didactique et une exposition itinérante pour préserver leur patrimoine industriel commun.
Les anciennes ardoisières de la région de Oignies-en-Thiérache (Belgique), Fumay et Haybes (France) témoignent d’un passé industriel fascinant, souvent marqué par la dureté et les dangers des conditions de travail. Si les mines de charbon sont souvent citées, ces carrières d'ardoise ont également joué un rôle majeur dans l’histoire de la région. À travers un projet commun Interreg soutenu par l’Europe et des initiatives mémorielles locales, ces sites industriels sont aujourd’hui valorisés pour préserver leur mémoire.
Des conditions de travail éprouvantes
Travailler dans les ardoisières était une tâche pénible et dangereuse. À l’époque, la mécanisation n’était pas encore de mise et les ouvriers travaillaient encore à la main, à l’aide de pics. Les risques d’accidents, souvent mortels, étaient omniprésents, d’autant plus que l’exploitation se faisait dans un milieu humide et poussiéreux, générant des maladies respiratoires graves telles que la silicose.
Les femmes et les enfants, parfois dès 6 ou 7 ans, étaient également mis à contribution, effectuant des tâches telles que l’actionnement des pompes manuelles pour évacuer l’eau des fosses.
L'ardoise de qualité : un patrimoine précieux
L'ardoise extraite dans cette région était réputée pour sa qualité. Les couches d'ardoise les plus recherchées se trouvaient à plus de 300 mètres de profondeur et étaient utilisées dans des constructions prestigieuses, comme l’hôtel de Ville de Paris. Cette ardoise de qualité, d’une couleur bleue-violette, pouvait durer plus d’une centaine d’années, ce qui en faisait un matériau précieux pour les toitures.
Un projet européen pour préserver et valoriser
Aujourd'hui, un projet commun entre ces trois communes, soutenu par le fonds européen FEDER, vise à mettre en valeur l'histoire des ardoisières et à promouvoir le patrimoine naturel et industriel. Le projet inclut la création d’un circuit touristique reliant les sites d'ardoisières abandonnées dans les forêts environnantes.
Des pupitres informatifs seront installés près des ardoisières, avec des QR codes renvoyant à un site internet dédié et une brochure disponible en français, anglais et néerlandais. De plus, une exposition itinérante permettra de faire voyager cette histoire au-delà des frontières locales.
Préserver l’héritage et le transmettre
À travers ces initiatives, les trois communes ambitionnent de transmettre ce patrimoine unique, de préserver la mémoire des hommes et des femmes qui ont œuvré dans ces ardoisières et de valoriser l’héritage industriel de la région.
Ainsi, grâce à l’engagement local et au soutien de l’Europe, l’histoire des ardoisières et des hommes qui y ont travaillé est loin d’être oubliée.
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